francoise desbouches nos chemins de terre

Impossible de résister à Michel Oudoul  *** qui, au travers d’une allégorie aussi pertinente que limpide, nous invite à vivre en conscience. Quel bonheur, presque une jubilation, éprouvé-je en empruntant pour cadre d’illustration cet extrait de son ouvrage « Dis-moi où tu as mal, je te dirai pourquoi », intitulé , « le chemin de vie ou notre légende personnelle ».

Le voici :

Michel Oudoul
  • Praticien et fondateur de l'Institut Français de Shiatsu, Michel Odoul anime de nombreux stages de formation aux techniques énergétiques. Il met, avec L'Harmonie des Énergies, les philosophies énergétiques extrême-orientales à la portée de tous. Il nous fait découvrir et approfondir ainsi une science millénaire méconnue en Occident qui, aux incontestables bienfaits physiques qu'elle apporte, ajoute plénitude intérieure et mieux-être spirituel.
  • Praticien et fondateur de l'Institut Français de Shiatsu, Michel Odoul anime de nombreux stages de formation aux techniques énergétiques. Il met, avec L'Harmonie des Énergies, les philosophies énergétiques extrême-orientales à la portée de tous. Il nous fait découvrir et approfondir ainsi une science millénaire méconnue en Occident qui, aux incontestables bienfaits physiques qu'elle apporte, ajoute plénitude intérieure et mieux-être spirituel.

Le Chemin de Vie est une sorte de fil conducteur que tout être humain suit au cours de son existence.  Nous pouvons le comparer au scénario d’un film ou au « livre de route » de nos rallyes actuels. Nous avançons sur ce chemin en utilisant un véhicule particulier qui est notre corps physique. Les orientaux nous proposent une image fort intéressante pour ce véhicule et ce Chemin de vie. Nous sommes, disent-ils comme une charrette, une calèche qui représente notre corps physique et qui circule sur un chemin qui symbolise la vie ou plutôt le Chemin de Vie. Voyons jusqu’où nous pouvons pousser cette image :

francoise desbouches nos chemins de terre

Le chemin sur lequel circule la calèche est un chemin de terre. Comme tous les chemins de terre, il comporte des « nids de poule », des trous, des bosses, des cailloux, des ornières et des fossés de chaque côté. Les trous, les bosses, les cailloux sont les difficultés, les heurts de la vie. Les ornières sont les schémas déjà existants que nous reprenons des autres et que nous reproduisons. Les fossés, plus ou moins profonds, représentent les règles, les limites à ne pas franchir sous peine d’accident. Ce chemin comporte parfois des virages qui empêchent la visibilité ou traverse parfois des zones de brume ou des orages. Ce sont toutes ces phases de notre vie où nous sommes « dans le brouillard », où nous avons de la difficulté à voir clair ou pouvoir anticiper car nous ne pouvons « voir devant ».

francoise desbouches nos chemins de terre paysage

Remarques

 Là, déjà, le voyant peut  entrer en scène ! N’est-il pas sensé  éclairer de sa « lampe » tous les temps de  votre chemin ?  Certes, le voyant peut voir devant, c’est tout de même le minimum !  Comment et pour quelle bonne raison, nous y reviendrons … Dans cette hypothèse,  il suffirait dès lors d’un unique entretien pour tracer notre chemin de vie comme  une autoroute de sérénité et d’accomplissement sans faille ! Du jamais vu, justement …

Est-ce fatalité alors ? Et si tel est le cas, c’est la question de l’utilité et de  la légitimité de la voyance qui se pose ! La belle affaire, en vérité, que de  prévenir et commenter des épreuves si celles-ci s’avèrent incontournables, inéluctables !  Je n’y verrais là que tendance masochiste à se persuader de son impuissance à maîtriser les évènements de sa vie.

Le phénomène de voyance étant une capacité psychique qui dépasse de loin le champ de lecture de l’instinct et de l’intuition, quelle est alors sa raison d’être ? Mais revenons à notre allégorie.

Cette calèche est tirée par deux chevaux, un blanc (Yang) qui est à gauche et un noir (Yin) qui est à droite. Ces chevaux symbolisent les émotions, ce qui nous montre à quel point ce sont elles qui nous tirent, voire nous mènent dans la vie. La calèche est conduite par un cocher qui représente notre mental, notre conscient. Elle  possède quatre roues, deux devant (les bras) qui donnent la direction ou plutôt impliquent la direction donnée par le cocher aux chevaux, et deux derrière (les jambes), qui portent et transportent la charge (elles sont d’ailleurs toujours plus grosses que celles de l’avant). A l’intérieur de la calèche, il y a un passager que l’on ne voit pas. Il s’agit du Maître ou Guide intérieur de chacun de nous, de notre non-conscient, de notre conscience holographique. Les chrétiens l’appellent « l’ange gardien ».

Notre calèche personnelle avance donc sur le chemin de la vie, dirigée en apparence  par le cocher. Je dis bien en apparence, car si c’est bien lui qui la conduit, c’est en fait le passager qui a donné la destination. Le cocher, qui est notre mental, conduit donc la calèche. De la qualité de sa vigilance et de sa conduite (ferme mais en douceur) vont dépendre qualité et confort du voyage (existence). S’il brutalise les chevaux (les émotions) et les brime, ceux-ci vont s’énerver ou s’emballer à un moment donné et risquer de conduire la calèche à l’accident, de la même manière que nos émotions nous conduisent parfois à des actes irraisonnables voire dangereux. Si le conducteur est trop relâché, s’il manque de vigilance, l’attelage va passer dans les ornières (reproduction des schémas parentaux, par exemple) et nous suivrons alors les traces des autres, en courant le risque d’aller dans le fossé comme eux s’ils l’ont fait. De la même façon, s’il n’est pas vigilant, le cocher ne saura pas non plus éviter les trous, les bosses, les nids-de-poule (coups, erreurs de la vie) et le voyage sera très inconfortable pour la calèche, le cocher et le Maître ou Guide Intérieur.

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Remarques

Voici un comparatif qui interpelle  tout autant le psychanalyste, le philosophe, le spiritualiste,  et devrait interroger « celui qui se dit voyant » dans l’exercice de son talent. En effet, il en ressort que nul ne peut connaître le CHEMIN s’il ne s’est assis, ne serait-ce qu’un instant, aux côtés du mystérieux passager. Voici ce qui distingue un devin, simple voyant ou médium, du CLAIRVOYANT. J’ai consulté personnellement à trois reprises des voyants de belle réputation. Aucun n’a su prononcer « le moindre mot pertinent » à propos de mon chemin de vie, le  Maître intérieur ne leur étant pas accessible justement ! 

Alors, comment se manifeste-t-il ?

Il s’agit d’entrer dans nos invisibles, dans les profondeurs d’une MEMOIRE qui contient aussi votre mémoire.

 

Et là, c’est un premier mot qui vient se poser, tel un oiseau,  ou une pensée concise, ciselée d’essentiel et c’est la révélation … Et nous comprenons, dès les premières minutes de la rencontre, où se situe l’enjeu de cette incarnation Tout prend son sens pour le consultant qui saisit, dans un éclair de conscience élargie, la couleur de sa vie à tel point qu’une épreuve douloureuse, peut, sous ce nouveau jour, prendre figure de cadeau.

René Barbier (philosophe, poète, chercheur et universitaire français) désigne cette expérience sous le terme de « flash existentiel ». Extrait de ses propos :

 (…)Il m’est arrivé, comme à beaucoup d’autres, de vivre ces instantanés de connaissance dans le cours de ma vie. Une fois dans une forêt, au pied d’un arbre dans ma vingtième année ; une autre fois dans le métro, au milieu de la cohue ; une autre fois à la mort de mon père ou encore au cours d’un rêve lucide à l’âge mûr. Cette intuition qu’une bribe de l’essentiel nous est révélée fait partie de l’existence quotidienne, pour peu que l’on sache écouter le moment exceptionnel sans avoir peur.(…)

Mais revenons au cocher de Michel Oudoul qui, s’il a et parce qu’il a les pieds bien trop  ancrés sur le plancher des vaches, n’a pas toujours les rênes en main.

S’il s’endort ou ne tient pas les rênes, ce seront alors les chevaux (émotions) qui dirigeront la calèche. Si le cheval noir est le plus fort (parce que nous l’avons mieux nourri …), la calèche va tirer à droite et être guidée par les images émotives maternelles. Si c’est le cheval blanc dont nous nous occupons le mieux et qui domine, la calèche va tirer à gauche, vers les représentations émotives paternelles. Lorsque le cocher conduit trop vite, force trop, comme nous le faisons parfois, ou si les chevaux s’emballent, c’est le fossé, l’accident qui arrête plus ou moins violemment tout l’attelage et avec plus ou moins de dégâts (accidents et traumatismes).

Parfois, une roue ou une pièce de la calèche lâche (maladie), soit parce qu’elle était fragile, soit parce que la calèche est passée sur trop de bosses et dans trop de trous (accumulation de comportements, d’attitudes inadéquates). Il faut alors réparer et selon la gravité de la panne, nous allons pouvoir le faire nous-même (repos, cicatrisation), devoir faire appel à un dépanneur (médecine douce, naturelle) ou si c’est encore plus grave à un réparateur (médecine moderne). Mais il sera de toute façon important de ne pas nous contenter de changer la pièce. Il sera essentiel de réfléchir à la conduite du cocher et à la manière avec laquelle nous allons changer  nos comportements, nos attitudes face à la vie, si nous ne voulons pas que la panne se reproduise.

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Remarques

Les circonstances de notre naissance, notre éducation, notre culture,  notre biographie qui façonnent notre personnalité vont influer considérablement sur la manière de « mener l’attelage ». C’est indéniable. Si vivre sur cette terre consiste à se rendre, en suivant une ligne horizontale, du point A au point B, de la naissance à la mort, il n’y a pas grand intérêt et bien trop d’existences se résument encore à une succession de jours à l’identique, le fameux « métro-boulot-dodo ».

Mais « SE REALISER », voilà qui, sans être prétentieux, justifie de notre présence sur cette terre. Les  grands hommes, mais aussi les artistes, tous les créatifs en général, s’en viennent au monde reliés à cette énergie particulière : on dit d’eux qu’ils ont « le feu sacré », l’expression est éloquente. Ils ont une VOCATION, ils accueillent d’emblée leur VOIX INTERIEURE, dialoguent avec le Passager. A ce titre, ils suivent un DESTIN librement consenti grâce à une Intelligence éclairée.

Que le cocher se pique d’arrogance, et Dieu sait ô combien  le mental se veut « tête forte », et le talent disparaît en même temps que le sens de notre vie !  Le talent, pas l’ambition !!!

On comprend que la philosophie bouddhiste encourage au  lâcher-prise et du mental et des passions et de tout attachement en général.

Quand à notre corps, recueil de toutes nos écritures, de toutes nos mémoires, il est aussi un parchemin qui nous raconte. Lorsqu’un organe est touché, qu’une opération a eu lieu ou qu’elle va survenir, cela se traduit en moi, voyez-vous, comme une absence de lumière dans les corps subtils. Serions-nous Lumière ?

 

La médecine holistique déjà, la médecine quantique présagée demain, se viennent au rendez-vous de l’Invisible Passager, lequel, loin d’être passif, veille au contraire activement, silencieusement,  subliminalement, à la bonne marche de l’ensemble de l’attelage, Lui y compris.

 

Encore s’agirait-il de L’entendre et pour ce faire de L’écouter ! Voilà le pari de la CLAIRVOYANCE, celui de convier l’être à son UNITE, de le RELIER à son Maître Intérieur ne serait-ce qu’un instant d’ailleurs, car l’expérience reste fugace par son essence même.

 

De retour à la calèche de Michel Oudoul.

Parfois, la calèche traverse des zones de faible visibilité, c’est-à-dire que nous ne voyons pas vraiment où nous allons. Il peut s’agir d’un simple virage. Nous pouvons le voir et nous préparer à son arrivée en anticipant. Nous devons alors ralentir, repérer dans quel sens tourne le chemin et suivre la courbe en tenant bien les chevaux (maîtriser par exemple nos émotions quand nous vivons une phase de changement voulue ou subie). Lorsqu’il s’agit de brume ou d’orage, il nous est alors difficile de conduire notre calèche. Nous devons naviguer à vue, en ralentissant l’allure et en nous fiant aux bords immédiats du chemin. Nous devons dans cette phase faire une confiance totale, pour ne pas dire « aveugle » dans le Chemin de Vie (lois naturelles, règles de la Tradition, Foi etc.) et dans le Maître ou Guide Intérieur (non-conscient) qui a choisi ce chemin. Ce sont les phases de la vie où nous sommes perdus, « dans le brouillard » et où nous ne savons plus où nous allons. Dans ces moments-là, nous ne pouvons plus faire autrement que laisser la vie nous montrer la route.

Parfois, nous arrivons à des carrefours, des bifurcations. Si le chemin n’est pas balisé, nous ne savons pas quelle direction prendre. Le cocher (le mental, l’intellect) peut prendre une direction au hasard. Le risque de se tromper, voir de se perdre est grand. Plus le cocher est sûr de lui, persuadé de tout connaître et de tout maîtriser, plus il va vouloir et penser savoir quelle direction choisir et plus le risque sera important. Nous sommes alors dans le règne de la « technocratie rationaliste », où la raison et l’intellect croient pouvoir tout résoudre. S’il est, en revanche, humble et honnête avec lui-même, il demandera quelle route prendre au passager (Maître ou Guide Intérieur). Celui-ci sait où il va, il connaît la destination finale. Il pourra alors indiquer au cocher, qui la prendra à condition que ce dernier ait été capable de l’entendre. En effet, la calèche fait parfois beaucoup de bruit en roulant, et il est nécessaire de s’arrêter pour pouvoir dialoguer avec le Maître ou Guide Intérieur. (…)

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Remarques

Déjà, en 1989, j’écrivais :

« J’inviterai les hommes à venir au rendez-vous d’eux-mêmes dans le secret de leur âme, au bout de leur vie, je les inviterai à contempler leur propre sourire, à oser se regarder dans les yeux pour savoir qu’ils sont beaux, pour savoir qu’ils sont saints, pour oser ce qu’ils sont, pour oser se nommer ». (extrait de « On m’appelle Dame » ).

Tout un programme qui fut respecté à la lettre ! Le pari a été tenu. La voyance s’est fait Clairvoyance et la Clairvoyance s’est fait Reliance.

En réalité, Clairvoyance et Reliance invitent à mettre l’être en présence de lui-même, vient à lui rappeler pourquoi il est venu sur terre, le convie à  son éternel présent. En ce sens, la clairvoyance est un « Art Sacré « , une vocation dans laquelle l’être est engagé par toutes les fibres de son être, sans qu’aucun apprentissage ne vienne le légitimer.

On ne peut le vivre que dans un « cœur à cœur » qui exclut le consommateur effréné dont le regard médusé réduit son chemin aux cailloux déjà sous les sabots des chevaux. Pour ce dernier, ma porte ne s’ouvre pas. Elle bée au grand large pour celles et ceux qui, au-delà des simples prédictions scandant leur quotidien se questionnent aussi sur le sens profond de leur vie…  sur le sens même de LA VIE.